À vous les femmes du Québec!

« Les femmes de l’histoire nous ont donné un bon coup de main pour nous permettre d’obtenir la vie que nous menons, ici, dans ce pays démocratique.  Le 8 mars dernier, nous avons célébré la journée internationale de la femme, et pour nous faire honneur, parlons de quelques-unes d’entre elles : Irma Levasseur, les allumetières, et Thérèse Casgrain. » Par Thérèse Thémélis, Consultante en Gestion des Ressources Humaines.

Irma Levasseur est décédée dans la pauvreté et l’isolement en 1964, mais qui était cette femme ?  Née le 18 janvier 1878, la jeune Irma allait accomplir un grand destin pour le Québec en devenant la première médecin canadienne-française.  Pourtant, ce n’est pas dans notre belle province qu’elle a obtenu son diplôme, car notre gouvernement de l’époque interdisait aux femmes la pratique médicale.  Elle gradua de l’Université Saint-Paul du Minnesota en 1900, puis à Montréal en demandant à l’Assemblée législative une loi privée lui permettra de pratiquer au Québec.  Ce lui fut accordé le 25 avril 1903.  Elle n’avait pas seulement le désir de devenir chirurgienne et pédiatre, mais avait aussi la vocation.  Grâce à ses passions pour sa profession, elle a fondé deux hôpitaux qui nous profitent encore de nos jours, soit l’hôpital Sainte-Justine à Montréal et l’hôpital l’enfant-jésus à Québec.

Qui se souvient des allumettières de la compagnie E.B. Eddy alors qu’elles se battaient pour leurs droits auprès de leur employeur?  L’Outaouais leur a rendu hommage en baptisant un de leur boulevard en leur nom en 2007.  En 1924, la partie patronale du fabricant d’allumettes, E.B. Eddy, impose un lock-out aux allumettières qui refusaient de céder leur droit syndical contre des contrats individuels.  Ces femmes avaient compris que l’union faisait la force.  Ce regroupement de 275 ouvrières a prouvé que la force féminine pouvait avoir un impact sur la société.  La preuve, elles ont vaincu grâce à leur ténacité et l’appui de la population, et ainsi faire valoir et conserver leur droit syndical.  Nous avons tiré exemple de ces combattantes.

Et que dire de la tour érigée au centre du campus de l’université de Montréal, celle portant le nom d’une grande dame du Québec : Thérèse Casgrain.  Réformatrice, militante féminine et politicienne.  Thérèse Casgrain nous a fait l’honneur de se battre pour le droit de vote qui finalement fût accepté par le gouvernement du premier ministre Adélard Godbout durant la Deuxième Guerre mondiale.  De 1921 au grand succès de l’an 1940, le débat fût lancé à savoir si les femmes seront reconnues comme étant « aptes » à voter dans un pays mené par le patriarche.  N’ayant pas froid aux yeux, Mme Casgrain a fondé et cofondé plusieurs regroupements dont la Ligue pour les droits de la femme, Ligue des jeunes francophones, les Charités fédérées francophones, la voix des femmes, Ligue des droits de l’homme, la Fédération des femmes du Québec et même devenue la première femme-chef d’un parti politique au Canada.  Elle a amené plusieurs autres combats de front dans les réformes politiques, sociales et juridiques au nom des femmes et des droits universels.  À 74 ans, elle fut nommée sénatrice et elle s’est éteinte à l’âge de 85 ans en novembre 1981.

Nous tenons pour acquis nos droits en tant que femmes au sein d’une société qui a progressé au cœur d’une prédominance masculine.  Pourtant, l’image de la femme est contaminée et régresse par le biais de certains médias sociaux et traditionnels ainsi que par certaines images de la mode féminine qui persistent.

Que ce soit pour un poste de réceptionniste, comblé par une femme qui représente encore le « joli portrait » de l’entreprise ; ou même l’avocate, en pleine discussion d’affaires, qui se fait demander par ses collègues de faire du café.  N’est-ce pas pathétique ?  Et ce en 2016?  Oui, ce l’est.  En acceptant avec un sourire, ces femmes ouvrent la porte à d’autres actes sexistes à leur endroit et envers leur entourage féminin.  Ajoutons à ceci, des salaires déterminés par le sexe au lieu des qualifications et expériences.  Tenant tête, certaines dénoncent ce sexisme systémique.  Le gouvernement québécois tente d’enrayer cette injustice en imposant aux entreprises de réaliser des exercices d’équité salariale.  De plus, afin de contrôler les rechutes, des maintiens en équité salariale doivent être accomplit à aux 5 ans.  Est-ce la solution parfaite ? Non.  Mais c’est un début.

Plusieurs demandes sont faites dans l’optique que le patron masculin sera satisfait des choix proposés par ses ressources humaines à l’interne, qui acceptent de jouer le jeu au détriment du capital humain féminin.  Nombre de fois que des employeurs ont proposé de ne pas embaucher de jeunes femmes pour éviter qu’elles ne quittent pour un congé de maternité ; ou, refuser des mères ayant de jeunes enfants, car elles pourraient s’absenter afin de les soigner ; ou même, ne pas recruter de ces femmes trop âgées afin d’assurer une certaine « jeunesse et apparence » lors des présentations auprès des clients ou fournisseurs.  Encore aujourd’hui, le sexisme subsiste en milieu de travail.

Mes consœurs ne sourcillent sans doute pas en lisant cet article.  Elles connaissent l’omniprésence du harcèlement dans leur vie.  Que ce soit verbal ou physique, nous avons tous, un moment ou un autre, été soumis à des actes discriminatoires à notre endroit.  Mais soyons rassurées, car les femmes qui se sont battues et se battront encore pour nous en ont subi autant sinon plus alors qu’elles s’exposèrent et s’exposent encore à la société entière.  Par contre, il ne faut pas oublier que nous sommes celles contrôlant le moteur des traditions et des mœurs que nous inculquons à nos enfants.  Dans tous les pays du monde, les femmes jouent un rôle primaire au sein de leur famille.

Dans mon prochain article en avril, j’ai l’intention de vous parler de mon expérience en Arabie Saoudite où vous découvrirez l’autre facette de ce pays du point de vue d’une femme y ayant vécu.  Contrairement à ce que l’on pense, la femme a sa place dans cette partie du globe menée par les hommes.  Nous vivons dans la démocratie, elles vivent dans la monarchie dictatoriale, mais dans les deux mondes, nous poursuivons notre quête pour nos droits selon notre définition de la liberté.  N’oublions pas d’où nous sommes issues…

La prochaine fois que vous voterez, revivrez des commentaires désobligeants ou verrez des combats contre le sexisme dans notre démocratie si chèrement gagnée, pensez à ces femmes qui ont fait et feront la différence dans nos vies et celles de nos filles.  Soyons solidaires !

« Les femmes de l’histoire nous ont donné un bon coup de main pour nous permettre d’obtenir la vie que nous menons, ici, dans ce pays démocratique.  Le 8 mars dernier, nous avons célébré la journée internationale de la femme, et pour nous faire honneur, parlons de quelques-unes d’entre elles : Irma Levasseur, les allumetières, et Thérèse Casgrain. » Par Thérèse Thémélis, Consultante en Gestion des Ressources Humaines. Irma Levasseur est décédée dans la pauvreté et l’isolement en 1964, mais qui était cette femme ?  Née le 18 janvier 1878, la jeune Irma allait accomplir un grand destin pour le Québec en devenant…

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À propos Thérèse Thémélis

Ayant près de 20 ans d'expérience en Ressources humaines, Mme Thémélis vient vous partager son expertise afin de comprendre le marché du travail. Aussi, elle vous révélera plusieurs facettes de ses expériences de vie qui ont influencé ses choix. Consultante en Ressources humaines, Survivante de cancer, mère adoptive et entrepreneure. Site web: www.tgtconseil.com

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