Est-ce que mon enfant peut s’adapter en pays étranger?

« Nous avons l’habitude, en tant que parent, de désirer la stabilité pour nos enfants.  Lorsque nous devons déménager dans une autre demeure, un quartier, une ville, une région ou même… un pays, notre peur poussée par cette instabilité occasionnelle, nous fait craindre que nos chéris ne puissent peut-être pas s’adapter, ou du moins difficilement.  Contrairement à ce que l’on peut penser, les enfants s’adaptent bien, dans la plupart des cas même, en pays étranger.  J’ai vécu 2 ans en République de la Guinée de l’âge de 10 à 12 ans (1982-1984).  J’aimerais vous partager mon expérience et celle d’une de mes connaissances dont j’ai croisé le destin durant cette période.  Nathalie Ouellet a vécu une bonne partie de sa vie outremer, puisque ses parents ont habité dans ce pays entre 1981 à 2012. »  Par Thérèse Thémélis, Consultante en Gestion des Ressources Humaines et voyageuse.

Quand vous la croisez en tant qu’Archiviste médical à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, vous ne pensez jamais à sa longue expérience outremer.  Nathalie Ouellet est une personne simple, terre à terre et bien ancrée dans sa vie.  En plus, elle a l’âme d’une grande voyageuse puisque cette Québécoise, native de Chicoutimi, vient d’une famille où le père faisait partie de l’armée.  Et qui dit armée; dit déplacement!

Durant une partie de baseball de son fils, Nathalie m’a accordé quelques minutes par téléphone pour discuter de son expérience outremer depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte.  Lors de la conversation, j’ai su qu’elle avait emménagé en octobre 1981 à Kamsar, un an avant mon arrivée en 1982.  « Je venais d’avoir 9 ans quand nous avons déménagé en Afrique, ce fut tout un changement, mais nous avions l’habitude de bouger à cause de mon père qui était dans l’armée. »  M’informait-elle.  Cette fois-là, son paternel ne servait pas en tant que militaire, mais comme employé pour la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG).  L’expérience devint une grande aventure pour la petite famille québécoise.

Durant les deux (2) ans que j’ai vécu sur ce continent exotique, nous avions plusieurs activités qui se présentaient à nous, dont : faire du camping sur des îles de l’Atlantique, la pêche par bateau dans les marigots, des soirées entre amis au restaurant Sawmill, des fêtes chez des copains, grimper sur les manguiers pour se gaver de leur fruit, faire de la bicyclette dans les rues de Kamsar ou Putallo, ou même, aller aux chutes de Boké pour une saucette dans l’eau.  Alors que je n’ai vécu que pendant 2 ans cette expérience enrichissante, Nathalie en a pris pour une vingtaine d’années.  « J’ai vécu à Kamsar jusqu’à l’âge de 15 ans, ensuite, je n’avais d’autres choix que de continuer mes études ailleurs.  Souvent, les jeunes retournent dans leur pays natal pour poursuivre dans un collège ou une université.  Pour ma part, je suis allée finir mon secondaire dans un collège à Brockville en Ontario, puis 2 ans plus tard, je revins au bercail au Québec pour entreprendre un diplôme collégial comme Archiviste médicale.  Par la suite, j’ai fait un certificat en gestion des services sociaux et de la santé. » M’expliqua cette femme fière de ses choix de carrière.

À quelques reprises, Nathalie prenait des vacances de Noël et de Pâques sous le soleil africain.  Elle rendait visite à ses parents, et ce, même à l’âge adulte.  Ceux-ci passaient leurs étés au Québec pour du bon temps en famille.  « Mes parents ont pris leur retraite il y a quatre (4) ans, en 2012.  Ils ont vécu en Afrique et ailleurs dans le monde tout ce temps (1981 à 2012) ».   Est-ce que Nathalie a perçu une différence entre sa vision d’enfant et d’adulte ?  « Quand nous sommes enfants, nos parents nous protègent de la réalité.  Adultes, nous voyons sous un autre œil la vie outremer, surtout lorsque des événements se déroulent sous nos yeux.  En 1999, à mes 27 ans, je visitais mes parents lors d’une manifestation politique à Conakry.  Tu sais, à Montréal, nous ne connaissons pas cette sorte d’intimidation, quand tu vois ça, tu te sens mal à l’aise.  Mais tu suis ton instinct en apprenant à rester à l’écart de tout ça. »  Me révéla-t-elle.

Les voyages forment la jeunesse, mais surtout, nous ouvrent les yeux sur le monde.  En intégrant un pays pendant une longue période, les locaux vous acceptent éventuellement comme des leurs.  Nathalie nous le confirme « J’étais aussi en Afrique lorsqu’il y a eu l’événement du 11 septembre 2001.  C’était un climat assez particulier, le contrôle du stress se gérait mieux en sachant que nous étions considérés comme faisant partie du “pays”, comme étant des leurs, et non seulement des passants qui profitent de l’endroit. »

Qu’est-ce qu’a récolté Nathalie de son vécu outremer ?  «J’ai pu travailler quatre (4) ans à la Baie-James sans trop de difficultés à m’adapter, parce que j’avais déjà vécu en communauté très longtemps.  En plus, je suis plus ouverte aux cultures, dont les premières nations, et je comprenais leur mentalité.  J’ai trouvé un très bon avantage de vivre hors de mon pays, grâce à cette expérience, je m’adapte plus facilement à différentes situations. »

J’ai remercié Nathalie Ouellet de m’avoir consacré un peu de son temps pour partager sa belle expérience outremer.

Un enfant qui grandit à l’internationale apprend à s’ouvrir au monde.  De plus, leur curiosité leur permet d’absorber de l’information autrement que par Internet.

Puisqu’ils le vivent concrètement, ces jeunes peuvent plus facilement témoigner de la réalité des faits et se former des opinions basées sur leur expérience de vie.

Alors si vous obtenez un contrat outremer avec un déménagement de votre petite famille, pensez au bien-être que vous leur apporterez.  Ils découvriront le monde autrement et gagneront une maturité basée sur des aventures enrichissantes.

À propos Thérèse Thémélis

Ayant près de 20 ans d'expérience en Ressources humaines, Mme Thémélis vient vous partager son expertise afin de comprendre le marché du travail. Aussi, elle vous révélera plusieurs facettes de ses expériences de vie qui ont influencé ses choix. Consultante en Ressources humaines, Survivante de cancer, mère adoptive et entrepreneure. Site web: www.tgtconseil.com

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