Harcèlement psychologique – une réalité en milieu de travail

Harcèlement psychologique – une réalité en milieu de travail

«En décembre 2015, le magazine vie familiale publiait mon article sur la comparaison de l’intimidation à l’école versus le harcèlement en milieu de travail [i]. Il était pertinent de parler d’un sujet touchant énormément le milieu scolaire et parfois négligé par quelques écoles.  Récemment, j’ai découvert l’existence du harcèlement psychologique dans un milieu de travail dont je fréquentais. Comment se pouvait-il de vivre un événement pareil ?  Conclusion : certaines sphères de notre société semblent avoir régressé malgré les bonnes intentions gouvernementales et culturelles.» Par Thérèse Thémélis, Consultante en Gestion des Ressources Humaines, TGT Conseil.

Après la révision des événements, la conclusion fut flagrante puisque tous les éléments étaient là : commentaires déplaisants, comportements condescendants, manque de soutien, isolation. La situation était évidente.  Quand la confiance n’y est pas, tout peut arriver.

Qu’est-ce qui motive les harceleurs de se comporter d’une manière aussi pernicieuse ? Le Professeur Angelo Soares (Ph. D.), de l’École des sciences de la gestion du Département d’organisation et des ressources humaines de l’Université du Québec à Montréal [ii], a conclut une recherche bien spécifique sur le sujet.  Selon ses données, 63 % de la population vivent le harcèlement dans leur milieu de travail et parmi eux, 69 % le subissent tous les jours. L’impact est saisissante, en d’autres mots, la personne ne peut accomplir son travail sans avoir la paix d’esprit, et ceci, quotidiennement. Les conséquences se mesurent par l’état mental de l’individu durant et après les événements.  Aussi, M. Soares spécifie que le harcèlement « n’a ni race, ni âge, ni sexe et ni religion ».  Or, il est clair que rien ne peut limiter le harceleur (ou harceleuse) de se comporter d’une manière aussi mesquine.

Les comportements dégradants du harceleur (se) peuvent varier sur plusieurs plans.  Le professeur Soares fait mention de 3 attitudes les plus courantes de la part du bourreau :  Insinuations sans rien dire directement (66 %); regards négatifs ou gestes qui ont un sens négatif (58 %); des gens parlent dans votre dos (53 %).  La majorité du temps, ces comportements sont les plus stratégiques pour faire passer le message du bourreau à la victime.  Depuis les années 90, il y a eu une augmentation flagrante du harcèlement psychologique en milieu de travail.  Malheureusement, lorsque cette culture s’installe dans une société, le « Bullying », comme l’exprime si bien les anglophones, devient monnaie courante dans les méthodes de gestion.

Malgré les bonnes intentions des gouvernements d’avoir mis en place des lois pour contrer le harcèlement, il n’y a pas de soutien qui garantit les victimes de faire une plainte sans perdre leur emploi, même s’il y avait des recours par la suite pour débattre avec l’employeur.  En fait, la plupart des collègues seront plutôt silencieux et garderont leur distance de la personne harcelée afin d’éviter leur propre perte.  Le professeur Soares cite les recherches concluantes de l’auteur Christophe Dejours qui explique que « La persécution d’une personne a de puissants effets d’intimidation sur les collègues qui découvrent l’impunité dont jouit l’agresseur (…) [les collègues] ont peur! Chacun se protège (…) Le silence et la défection des témoins, l’absence de solidarité et d’entraide sont catastrophiques pour la victime » [iii]

Être salarié est très difficile puisque les individus sont souvent confinés dans une même bâtisse, au même poste de travail, avec les mêmes collègues et les mêmes supérieurs, et ça, 40 heures et plus par semaine.  L’impact est puissant, car la personne est confinée à cet endroit et s’y attache intensément.  Il est clair que le harceleur (se) jouit d’un avantage sur sa proie, surtout s’il parvient à se créer une équipe qui le soutient dans ses actes reprochables.   Et c’est souvent le cas. Les complices se rallient au harceleur pour éviter d’être victimes ou agissent inconsciemment sans voir l’impact de leurs comportements. Avec le temps, les harcelé (e) s sont dépassé (e) s : l’anxiété prend le dessus, le stress augmente démesurément et la perte de confiance se prononce. Est-ce vraiment ce qui nous reste de notre société civilisée en matière d’éthique de travail ? Le contraire mérite d’être débattu.

Dans cette entreprise, le harcèlement y demeure depuis si longtemps que les employés se sont résignés à accepter leurs conditions. Ceci est regrettable, mais bien réel.

[i] Harcèlement psychologique ou Intimidation…  Quelle est la différence ?

[ii] Soares, Angelo (PH.D.).  Quand le travail devient indécent : le harcèlement psychologique au travail. Université du Québec à Montréal.

[iii] Dejours, C. (2001). Désolation et harcèlement moral. Le Monde, 10 avril, p.10

 

À propos Thérèse Thémélis

Ayant près de 20 ans d'expérience en Ressources humaines, Mme Thémélis vient vous partager son expertise afin de comprendre le marché du travail. Aussi, elle vous révélera plusieurs facettes de ses expériences de vie qui ont influencé ses choix. Consultante en Ressources humaines, Survivante de cancer, mère adoptive et entrepreneure. Site web: www.tgtconseil.com

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